"L'affaire au théâtre a toujours été de divertir les hommes. Il n'y a aucune contradiction entre divertir et instruire car il y a un plaisir d'apprendre." {Berthold BRECHT}

Dominique

Mar 192011
 

 

Vous avez dit « absurde » ?

Comme il est bon de s’installer confortablement dans son fauteuil et de mettre son cerveau en mode « pause » ! Se laisser aller, ne plus réfléchir. Seul l’Art, sous la forme notamment d’un spectacle ou d’un tableau, est capable de nous faire passer dans un état second ou d’entrer dans une dimension inconnue où l’on ne maîtrise plus rien, où chaque élément ou chaque personnage du décor échappe à l’entendement. « La cantatrice, chauve » (1950) d’Eugène

Ionesco est de ces moments magiques et jubilatoires !

Inutile d’essayer de raconter l’histoire, il n’y en a pas ! Inutile de repérer une intrigue et de deviner une possible chute, il n’y en a pas non plus ! C’est le théâtre de l’absurde donc à l’opposé total d’un snk plus conventionnel ou tout est construit d’une manière plutôt rationnelle. Ici, toute logique a disparu. Mais derrière ce désordre apparent, transparaissent l’incohérence et la nature complexe de l’être humain dont l’issue demeure fatale. Ce genre théâtral, apparu dans les années 40 puis dénommé « théâtre de l’absurde » en 1962 par l’écrivain Martin Essling, a révélé de profonds traumatismes, à l’issue de la seconde guerre mondiale, qui ont altéré la notion même d’humanisme ; à l’image du tableau Guernica où est également représenté ce désordre à la fois de la matière mais surtout de l’Etre face à l’horreur du conflit.

Les personnages de la pièce semblent dépourvus de raison. Ils se connaissent et en même temps, ils ne se connaissent pas. Ils évoluent dans un milieu à la fois familier mais aussi inconnu. Leurs dialogues sont décousus et incohérents. Tout et son contraire se trouvent ici associés. C’est totalement déroutant ! Derrière l’apparente désorganisation, se révèlent plus profondément la fragilité et les failles de l’être humain. Et le rire devient très vite indispensable et terriblement salvateur ! Le secret du ressort comique pour mieux évacuer la tragédie sous-jacente ! Très belle prestation de la Compagnie Théâtre de l’imprévu, hier soir, au théâtre Le Rex de Saint-Flour ï